JOSEPHA FABER BOITEL

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« Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. »

Blaise Pascal

Découvrir un créateur (3) : Marielle Barbe

06 mars 2018

Découvrir un créateur (3) : Marielle Barbe

#Arts-Création

Voici le printemps et ses bourrasques : c’est le moment de se revigorer, de tracer de nouvelles perspectives ! C’est ce que j’ai décidé de faire moi-même il y a quelques mois et je ne le regrette pas : bouquet d’opportunités, regain de motivation, enrichissement constant grâce à des rencontres inédites. Parmi les personnalités qui m’ont permis d’évoluer positivement dans le sens d’un nouvel élan professionnel et personnel, il y a Marielle Barbe 

Cette femme dont les idées m’ont marquée et dont l’ouvrage m’a servi de guide pour redécouvrir mon potentiel : Profession slasheur, Marabout (2017). Marielle Barbe est une créatrice particulière car elle vous aide à faire naître, grandir et s’épanouir vos potentialités et projets.

J’ai donc décidé de vous partager tout ce qu’elle m’a apporté, à l’occasion du renouveau printanier.

 

Avant de vous laisser lire son interview, j’ai envie de souligner la générosité de Marielle avec qui je suis entrée en contactsur les réseaux. J’avais besoin d’un coup de main : les conseils d’un pro pour refaire mon site d'auteure. Mais restructurer son site web nécessite, selon moi, de se connaître et de savoir comment s’ouvrir aux autres de manière efficace, certes, mais surtout authentique. Marielle a répondu à mon « S.O.S. de multipotentielle éparpillée » !

Parallèlement à ma démarche de bilan de compétences dont je vous parlerai dans un prochain article, le livre de Marielle a été une mine d’or d’informations, d’exemples, de méthodologie pour reprendre en main mon activité professionnelle qui, vous le savez, en cumule 5 !

Je laisse la parole à Marielle afin de vous faire découvrir son éthique, cette véracité dans la démarche de développement personnel qui la rend si pertinente dans l’aide qu’elle apporte à ces lecteurs ou à ceux qu’elle coache.

 

***

 

1. Quelle est votre philosophie de travail et de transmission des savoirs, savoir-faire et savoir-être-ensemble ?

 

Pour moi, ce qui est commun à tous ces savoirs, savoir-faire et savoir-être ensemble, c'est le sens. Et ce qui m'intéresse dans ces savoirs c'est leur capacité à produire du sens, pour soi, la société, les autres.

 

D'ailleurs, rien ne m'attriste plus que de constater que des personnes sont coupées, parfois privées de cette possibilité de faire sens et de donner du sens à leur vie en général et bien entendu à leur vie professionnelle.

 

Fort heureusement, chez les millenials[1] cette question de sens n'est pas négociable. Mais cela n'est pas sans conséquences, les jeunes aujourd'hui face à un monde du travail souvent vide de sens sont confrontés à des désillusions professionnelles précoces et fulgurantes. Car pour l'instant hormis dans le monde associatif et dans les start-up on ne peut pas dire que cette quête de sens soit au cœur des priorités des entreprises.

 

Aussi, je n'ai pu que me réjouir ces derniers jours en en lisant un article relayé par David Abicker qui annonçait la création d'un nouveau statut “d'entreprises à missions”[2]. Adopté par la Camif, ces entreprises - comme l'ont déjà fait Patagonia ou TOMS - ont pour particularité de se préoccuper de l'intérêt général et font de leur business une opportunité pour inspirer, innover et mettre en place des solutions pour faire face aux enjeux environnementaux et sociétaux. Une équation “gagnant gagnant”, car celles-ci résistent mieux que d'autres aux aléas des crises, ont de meilleurs retours sur investissements, et produisent davantage de sens pour leurs salariés ! J'espère que cette quête de sens, va faire des émules, de toute manière je suis persuadée que les entreprises à force de ne plus pouvoir séduire des jeunes recrues, seront contraintes à revoir leur modèle.

 

2. Je vous considère comme une créatrice qui exprime un élan vital mais comment vous décririez-vous ? Qu'est-ce qui vous distingue des autres ?

 

Tout d'abord, je ne cherche pas à me distinguer. Je crois que chacun d'entre nous - dès lors que nous avons eu la chance de découvrir qui nous sommes, comment nous fonctionnons, quelles sont nos forces, nos atouts, quelle est notre raison d'être - est dans son élan vital et créatif. Quel que soit notre projet.

 

Permettre, ou aider les personnes, les organisations à révéler et à déployer leurs potentiels, est en tout cas ma raison d'être depuis toujours, quel que soit le métier ou l'activité que j'ai exercé. Sans doute est-ce ce qui me singularise. Mais je crois bien que nous vivons un moment particulièrement intéressant où de plus en plus de personnes aspirent à se sentir à leur place, dans leur plein épanouissement, dans leur “complétude”, à leur place. Et c'est une très bonne nouvelle que nous soyons de plus en plus nombreux à accompagner les personnes à devenir qui elles sont.

 

3. Dans toutes vos activités, quel principe vous guide ?

 

Et bien c'est très simple : ce que je fais doit avant tout être en cohérence, en accord avec ma raison d'être. Très concrètement, cela doit permettre de révéler et de déployer le meilleur de chacun, ou d'une entreprise de manière à contribuer au bon sens du monde (d'un point de vue social, écologique). Bref, tout ce que je fais doit contribuer à créer de la valeur ajoutée : pour moi, les autres, la société, la planète.

 

Cela m'oblige à me questionner régulièrement, à remettre en cause ce que je pensais parfois acquis. Mais c'est ainsi que je me sens vivante et que je peux sans cesse nourrir ma curiosité insatiable.

 

Si ces paramètres ne sont pas là, alors je m'étiole, me sens inutile, vide de sens. Mais heureusement, cela fait bien longtemps que ce sentiment ne me concerne plus.

 

Je ne comprends pas que nous n'accompagnions pas les enfants dès l'école à découvrir leur raison d'être en s'appuyant sur leurs atouts. Chaque individu et la société toute entière auraient tellement à gagner : du temps, de la motivation, de l'enthousiasme, du bien-être, de la créativité, de l'innovation, de la confiance...



***

Pourquoi est-ce que je me suis sentie liée à Marielle ? Parce que je partage son désir de progresser avec l’autre et non au détriment d’autrui. Parce qu’en tant qu’enseignante je m’interroge aussi sur les conditions d’apprentissage et les moyens de motiver les élèves. Parce que son livre s’adresse à ceux qui souhaitent reprendre en main leurs conditions de travail et l’équilibre perso/pro au quotidien. Parce que nous ne sommes pas des producteurs : nous sommes des acteurs de notre vie et de la société pour un bénéfice mutuel.

La démarche de Marielle recoupe la mienne, toutes deux nous sommes préoccupés par le sens de nos actions et du système dans lequel nous évoluons. C’est-à-dire sur la nature réelle de ce qui nous entoure et du sens de la vie[3].

J’en profite pour remercier Marielle de s’être prêtée à l’exercice de l’interview. Ce n’est pas simple de se dévoiler… Je sais de quoi je parle, je m’y livrais en même temps avec Sébastien Fath pour le web média Regards protestants : « Un regard sur la francophonie protestante : Dépasser les différences tout en préservant son identité... »

Quel plaisir pour l’intervieweur comme pour l’interviewée dans les deux cas !

 



[1] La génération Y, de l'anglais « why generation » (génération « pourquoi ») est composée des gens nés entre le début 1980 et le milieu des années 1990. Parfois appelés millenials ou digital natives, ils se distinguent de leurs aînés par le fait d'être nés et d'avoir été élevés avec le numérique.

[2] « Les entreprises ont-elles une mission au-delà du profit ? » : Emery Jacquillat, PDG de la Camif, qui devient une des premières entreprises à mission française. Il vient de l’intégrer dans ses statuts ; servir les gens en servant la planète. La création officielle de ce nouveau statut étant l’une des pistes qui pourrait se dégager des réflexions en cours sur l’objet social de l’entreprise, dont un rapport sera rendu au gouvernement le 1er mars.

Lire aussi « La Camif devient une entreprise à mission », Dominique Pialot, 13/02/2018.

[3] C’est ce qu’on nomme « ontologie » : domaine philosophique qui se concentre sur l'étude de l'être, des ressentis et des émotions que nous vivons au cours de notre existence.

Découvrir un créateur (4) : Jean-Michel Vigezzi Campus protestants Nouveaux regards sur l’esclavage. Jean-Claude Girondin

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